Budget 2014, Dijon Mag de janvier, entre blabla et réalités …

~~Dans le numéro de janvier de Dijon mag, le maire de Dijon présente son budget 2014. Il le présente comme pour se justifier de sa politique pour Dijon et tenter de convaincre le lecteur que les résultats sont bons, juste avant les élections.
Le jour des vœux au Zénith, il nous affirmait que les collectivités devaient investir pour l’emploi. Le budget qu’il nous propose pour 2014 est, en terme d’investissement l’un des plus faibles qui nous aient été proposés ces dernières années : pour un budget total de 265,8 millions d’euros, la part investissement ne représente que 37,2 millions d’euros (14 %). A Dijon les dépenses d’équipement brut par habitant ne représentent que 205 euros contre 366 euros en moyenne des villes de comparables. Et encore faudrait-il ne pas tenir compte des 2 millions d’euros supplémentaires avancés en 2014 à la SPLAAD, créée en 2010 par le maire sortant, et qui sans ce prêt, serait en grande difficulté.
Depuis quelques années une communication dispendieuse cherche à nous faire croire le contraire. En effet en maintenant le flou entre les investissements de la ville et ceux du Grand Dijon, le maire sortant cherche à nous laisser croire que Dijon a encore les moyens d’investir. Mais les faits sont têtus :
– ni Dijon plombé par son lourd budget de fonctionnement – que le maire sortant n’arrive toujours pas à réduire – et par sa dette structurée (toxique) qu’il a lui-même contractée,
– ni le Grand Dijon – le second guichet du maire -, qui a vu sa dette multipliée par 18 depuis 2001,
ne laissent de marge de manœuvre, sauf à cavaler dans l’endettement…
C’est pourquoi en lisant le magazine Dijon Mag de plus près, nous ne pouvons que constater certaines approximations dans les chiffres et les analyses. Les dates et les périodes de comparaison sont soigneusement choisies pour donner les résultats les plus favorables possibles … C’est l’art de la statistique ! Les chiffres annoncés ne sont pas les mêmes d’une page sur l’autre. Pour exemple : l’investissement est annoncé à 49,9 millions d’euros (p21) et à 37,2 (p23). La dette pour 2013 est annoncée en baisse à 201 millions d’euros (p21) et elle apparait voisine de 210 millions d’euros page suivante.
Et ce que le maire sortant nous cache soigneusement dans ce magazine, ce qu’il ne nous dit pas, c’est que la dette par Dijonnais a doublé depuis 2001, si l’on rajoute à la dette de Dijon au 62% de la dette du Grand Dijon (345 millions d’euros). Et encore ! … Nous ne parlons pas de la « dette cachée », celle des crédits bail et PPP du Tramway, qui n’apparaissent pas encore en tant que telle dans les comptes du Grand Dijon. Il ne nous dit pas non plus que les impôts (taxes foncières et taxe d’habitation) ont augmenté du double de l’inflation depuis 2001. Il ne nous dit pas  que la recette fiscale de ces trois taxes a augmenté de 44 millions d’euros, soit + 78,6 % depuis 2001 pour une inflation de + 21% sur la même période. Il ne nous dit toujours pas qu’il a cédé l’activité bancaire du Crédit Municipal de Dijon, – supprimant du même coup 119 emplois dans cette période de crise et de chômage – dans le seul but non avoué, faire remonter 45 millions d’euros des fonds propres du Crédit Municipal directement dans les caisses de la ville, pour pouvoir faire face aux effets des emprunts toxiques qu’il a lui-même contractés quand il était administrateur rémunéré de la banque DEXIA.
Dijon ne peut plus supporter une gestion aussi calamiteuse, une dépense publique, une fiscalité, aussi mal maîtrisées… Il est réellement temps de changer ce mode de gestion. Il est nécessaire de  remettre en ordre les finances de la ville et du Grand Dijon, et de se débarrasser enfin de ces emprunts structurés (toxiques) véritable épée de Damoclès qui menace les Dijonnais.
 Avec les économies réalisées, il est possible de ne pas augmenter le taux des impôts pendant toute une mandature. Il est indispensable de redonner enfin du pouvoir d’achat aux Dijonnais. Celui-là même qui leur a été injustement retiré par la municipalité sortante. Par une maîtrise de tous les instants et par une réduction du budget de fonctionnement, nous pourrons nous engager sur une politique d’investissement favorisant  l’économie, les entreprises et la création d’emploi. C’est par le dynamisme économique et la création d’emplois marchands que nous pourrons rétablir la solidarité et le lien social qui nous fait aujourd’hui cruellement défaut. Il est grand temps de redonner autonomie financière et dignité aux Dijonnais.


Franck Ayache 

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