Cité de la Gastronomie : et si c’était déjà trop tard ?

L’opacité et l’amateurisme récurrents de la municipalité Dijonnaise ne peuvent que provoquer des interrogations et des revendications légitimes. La première conséquence est  le report en décembre de la décision de  vente par le Conseil de Surveillance de l’Hôpital. Espérons que ce report  va donner à la municipalité le temps nécessaire pour réfléchir à l’opportunité ou non de poursuivre sous sa forme actuelle le projet de Cité de la Gastronomie.

Certes, différentes solutions  ont été recherchées pour donner une viabilité économique au projet. On citera pour mémoire :

– la  délocalisation des cinémas de centre-ville pour attirer des visiteurs à la Cité

– la vente à prix « d’ami » du site (12 M) au détriment du CHU

– les pressions exercées sur le CHU pour qu’il prenne à sa charge le désamiantage alors que rien ne l’y oblige (coût estimé  à 3 millions d’euros).

Néanmoins, ces apports non négligeables pour rentabiliser à tout prix le dossier, risquent d’être très insuffisants.

Avec le report de date, c’est l’essence même du projet qui interroge.

En 2013, suite à l’inscription au patrimoine de l’UNESCO  du repas gastronomique français, un concours devait sacrer une ville, et une seule,  pour accueillir la Cité de la Gastronomie, vecteur de développement touristique. Mais dans ce dossier éminemment politique, le Président de la République, ne pouvant arbitrer entre ses amis, les quatre maires candidats, ce n’est plus une mais quatre cités qui ont été désignées.

La situation actuelle est donc la suivante :

A Lyon, les travaux ont commencé en 2015  pour une ouverture en 2018. C’est EIFFAGE  qui porte ici aussi le projet. Mais les Hôpitaux de Lyon n’ont pas  cédé la propriété du site ; ils l’ont conservée et consenti un bail à EIFFAGE  moyennant loyer. Il y a la une vraie dynamique et un vrai soutien.

A Tours, le projet a été ajourné après les élections et remis à plat. Vu le coût de l’investissement, les élus ont préféré redimensionner le projet : la « Cité de la Gastronomie » sera remplacée par des manifestations gastronomiques.

A Rungis, le projet démarre à peine (on parle d’une ouverture en 2023…) et il doit faire face à des oppositions nombreuses.

Nous observons  donc qu’une sélection naturelle s’opère et il semble bien qu’il n’y ait de place que pour une cité de la Gastronomie.  Compte tenu du  retard pris par Dijon, avec une  ouverture prévue en 2018, et de la construction d’une cité du vin ……..à BEAUNE, on ne peut que légitimement s’interroger !

Au regard de ces éléments, nous comprenons mal en effet l’obstination de la municipalité avec ce projet Eiffage à 12 M€. A moins que cette vente, opaque et à prix d’amis, ne cache autre chose …

Errare humanum est, sed perserverare diabolicum est …

Ludovic BONNOT Franck AYACHE

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