Compromis « de la Cité de la Gastronomie et du vin » un an après.

Cet anniversaire est pour nous l’occasion de faire le point sur le projet dit « de la cité de la Gastronomie et du vin » de Dijon.

En réalité le projet de 200 millions € comprend trois projets distincts formant un ensemble que la municipalité nomme habilement « projet de la cité de la gastronomie et du vin ».

Le premier projet est un projet immobilier de construction d’un éco quartier de plus de 758 logements (Bat A à L). Ce projet immobilier est la vache à lait de l’ensemble. Pour preuve les deux promoteurs candidats avaient un projet abouti pour cette partie. Nous les sentions très motivés.

Le deuxième projet est celui de la cité de la gastronomie proprement dit. Sur ce projet les deux candidats n’était pas au même niveau d’élaboration. Pour une raison,  cette cité a été identifié comme fragile et de viabilité incertaine. En effet, tout l’équilibre du projet de cité repose sur son succès et donc sur sa fréquentation. Or la majorité municipale ne cache pas un risque de trop faible fréquentation pendant la période hivernale. Les investisseurs, potentiels occupants, en sont arrivés à la même conclusion. Il y a un risque de trop faible fréquentation, donc de trop faible taux de remplissage des locaux commerciaux. Lors de la signature du compromis, alors que nous nous attendions à un grand nombre d’annonces sur ce point, nous avions été déçus. Visiblement les investisseurs ne se bousculaient pas au portillon.

Le troisième projet imaginé par Eiffage est celui des 2 multiplexes cinématographiques censés résoudre le problème de la fréquentation, du moins en apparence. Avec la création et l’incorporation au projet initial de ce troisième projet cinéma, il devient possible d’afficher une fréquentation du site voisine du million de visiteurs par an. Ce chiffre doit rassurer les futurs clients investisseurs. Le seul problème, mais il est de taille, est d’obtenir l’accord, des autorités compétentes, pour la création de nouveaux sièges de cinéma, dans une agglomération qui est déjà en surcapacité par rapport à la moyenne des autres villes(1). Eiffage ne s’y est pas trompé en incluant l’autorisation et la création des multiplexes en conditions suspensive dans le compromis signé le 2 février 2016.

Sans refaire ici tout l’historique, le 25 octobre 2016, la CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Cinématographique) a accepté le projet de 4 salles spécialisés en «Art & Essai » "Supernova", porté par l'Eldorado et a rejeté le projet de création de « Ciné Ducs » qui prévoyait  la création de 9 salles de cinéma « grand public » porté par le Devosge.

Suite aux différents appels introduits, portant sur les décisions de la CDAC, de Mme DAVOINE et de Mme MASSU, la CNAC (Commission Nationale d’Aménagement Cinématographique) devrait statuer sur les recours au plus tard le 16 mars 2017. Une décision très importante pour le projet et pour Dijon.

Lors des 4 réunions de présentation du budget de janvier, nous avons appris que le Maire de Dijon comptait défendre lui-même le projet des 2 multiplexes. Il a même laissé entendre, pendant ces réunions, qu’au lieu des deux volets primitifs (un cinéma «Art & Essai » et l’autre généraliste commercial),  les cinémas seraient uniquement spécialisés en «Art & Essai ». Le Maire de Dijon va-t-il donc sacrifier son projet généraliste pour sauver l’ensemble du projet de cité ? Et que devient son adjoint dédié au projet ?

Et pour le Maire semble-t-il, le temps presse…  Ainsi nous avons eu droit, début février, dans la presse nationale, à l’annonce de la dernière version du  calendrier  retenu : début des travaux au 2ème semestre 2017 et  livraison fin 2019… soit avec 3 ans de retard sur le projet initial. Et oui, pour l’actuelle majorité municipale, ça urge !… Ce  projet dit de « cité de la gastronomie et du vin » doit être bouclé avant l’élection municipale de 2020 ! Mais pour débuter les travaux, les 19 conditions suspensives devront être levées, et l’acquisition du terrain devra-t-être réalisée par Eiffage. Ce qui n’est toujours pas le cas pour l’instant.

Franck Ayache et Ludovic Bonnot

(1)     Aujourd'hui, l’agglomération dijonnaise compte 1 fauteuil pour 41 habitants contre 1 pour 58 habitants au niveau national. Et Dijon compterait 1 fauteuil pour 34 habitants si le projet "Ciné Ducs" voyait le jour.

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