Débat d’orientations budgétaires (DOB); Budget 2017

Trouvez ci-dessous mon intervention du lundi 21 novembre 2016 au Conseil Municipal de Dijon.

"M. le maire, mes chers collègues, chers internautes, cher public.

Le budget qui suivra ce Débat d’Orientation Budgétaire 2017 est le premier d’une nouvelle ère. Il servira de référence pour l’avenir.

 En effet il arrive après le rachat des emprunts toxiques et ces quelques 50 M€ de pénalités diverses. Il arrive après la mutualisation avec le Grand Dijon, après la cession de l’activité bancaire du crédit municipal et la remonté de 45 M€ de ses fonds propres ainsi que la suppression de plus de 100 postes. Il arrive après les importantes cessions de biens immobiliers et surtout les plus beaux immeubles (les bijoux de famille). Il arrive après la cession de la SEMAAD. Il arrive après le transfert du budget annexe du stationnement au Grand Dijon et ses 18,1 M€ d’emprunts dont 10 M€ d’emprunt structuré à risque fort classé E4. Et surtout il arrive après la très forte hausse des taux d’imposition signant ainsi l’échec de votre gestion de la ville de Dijon depuis 2001.

Masquée par une communication efficace sur vos projets pharaoniques et par une politique clientéliste, votre gestion a eu des effets dévastateurs pour notre ville :

  • départ d’un grand nombre de siège sociaux,
  • montée du chômage, accroissement de la pauvreté et de la précarité,
  • augmentation du sentiment d’insécurité,
  • déclin du centre-ville avec des vacances commerciales importantes même dans l’hyper-centre et cela malgré de multiples plans de redynamisation.

Pour maintenir la population, vous avez donné la priorité au bétonnage plutôt qu’au développement économique. Ce qui s’est traduit certes par une augmentation du nombre de logements sociaux, mais aussi par une baisse importante des prix de l’immobilier ancien. Alors que le nombre de transactions augmente, la recette sur les droits de mutation n’augmente pas.

  • Baisse des loyers et augmentation des impôts fonciers qui représentent en moyenne l’équivalent de 2 mois loyers, découragent les acquéreurs et les investisseurs dans l’ancien.

Et les dijonnais vous écrivent de plus en plus pour vous le dire.

Il est vrai que vous n’aimez pas les propriétaires. Moins d’un Dijonnais sur 2 est propriétaire et cela malgré la baisse des prix et des taux d’emprunts.

Et pourtant l’idéal de Jaurès n’était-il pas « de faire entrer tous les hommes dans la propriété» ?

Depuis peu, vous vous définissez vous-même comme un social-démocrate. Vous semblez changer de politique. Et nous ne pouvons que vous encourager dans ce sens. Vous donnez le sentiment d’aller progressivement dans le sens de nos propositions.

Vous nous proposez enfin une pause fiscale pour 2017 ; il faut dire qu’en 2016 avec 5% d’augmentation des taux pour une inflation sur 12 mois de 0,4% vous avez pris plus de 10 ans d’avance ! Nous parlons de pause fiscale car en parallèle vous indiquez renoncer pour l’avenir à tenir votre promesse de campagne, en ne retenant plus l’inflation comme référence maximum pour l’évolution des taux.

Vous nous annoncez aussi une augmentation des effectifs de la police municipale, avec l’objectif de 30 agents supplémentaires. En réalité, après nous avoir suivis sur l’installation de la vidéo protection et l’augmentation des équipements de protection et d’armement de la police municipale, cette augmentation des effectifs conjuguée à un élargissement des horaires sur la nuit, ne fait que ramener l’effectif opérationnel au niveau d’il y a 10 ans.

Vous avez enfin procédé à la désensibilisation de la dette toxique que vous aviez vous-même contractée. Avec un taux d’intérêt moyen de 3,65 %, malgré la baisse de l’endettement et des taux bancaires, la charge financière reste élevée, conséquence de la transformation de pénalités en taux d’intérêts additionnels.

Pour l’avenir :

Nous sommes favorables à la poursuite du schéma de développement des structures de quartier et au regroupement des MJC et des centres sociaux. Ce qui est plus lisible pour les dijonnais et source de rationalisation avec un maintien du service rendu.

Nous vous encourageons à poursuivre la redynamisation du centre-ville. Nous constatons votre prise de conscience : qu’il ne peut y avoir de ville forte sans un centre-ville fort.

Nous vous encourageons à poursuivre la mutualisation et la maitrise des effectifs. Nous commençons seulement à en mesurer les effets.

En ce qui concerne la cité de la gastronomie, il est nécessaire de repenser et de redimensionner le projet, comme l’a fait la ville de Tours. En effet, nous ne serons pas l’unique Cité de la Gastronomie, comme espéré au départ. C’est pour cela qu’il faut redimensionner le projet. Il serait plus opportun qu’il soit étendu à toute la communauté d’agglomération.

Il est préférable que la Cité de la Gastronomie soit un projet d’adhésion et non un projet de division.

Beaucoup de maires de l’agglomération ont manifesté ce souhait. Votre approche purement financière du projet n’est pas la bonne. Les recours et les obstacles en témoignent et le ralentissent dangereusement. Depuis le début nous ne parlons que d’achat, de vente, de constructions neuves, de cinéma,… quand allons-nous enfin parler du projet de la Cité ? Quand allons-nous connaitre les investisseurs ? Le trop grand nombre de conditions suspensives est un frein à sa la réalisation.

En ce qui concerne le projet de métropole, nous vous demandons de définir clairement votre projet. La métropole pour qui ? Pour quoi faire ?

 Nous ne pouvons nous contenter de vos arguments actuels. Arguments qui consistent à dire que nous devons être métropole parce que nous sommes une capitale régionale. Mais aussi, de laisser croire que le terme de métropole est signe de croissance. Nous savons que compte tenu de la situation économique de la France, c’est la taille (+ de 400 000 habitants) qui est porteuse d’attractivité et de croissance.

Et vos choix d’orientations des 15 dernières années nous handicapent fortement.

 Lors de la journée d’échange du 20 octobre sur la métropole, j’ai relevé quelques phrases et remarques. Le docteur François-André Allaert comparant les mégalopoles de plus de 400 000 habitants à des trous noirs et posé la question de savoir si nous pourrons résister  à l’attractivité destructrice de ces trous noirs ? Le consultant de France Stratégie a indiqué que la région Bourgogne Franche-Comté (BFC) est une région où les grandes aires urbaines rayonnent peu. Pierre GUEZ, directeur général de Dijon Céréales, annonce lui que Vitagora n’a pas réussi à faire revenir un siège social d’une grande entreprise sur Dijon. Il indique qu’il est urgent de créer la Californie de l’agroalimentaire ici. Et il ajoute pour enfoncer le clou que Dijon Céréales n’est plus que la 18ème coopérative Française, alors qu’il il y a 20 ans, elle était la 5ème.

Nous le disons depuis longtemps, et nous sommes tous convenu la dessus, Dijon et son agglomération possèdent d’évidents atouts qu’il nous suffit de mettre en action. Tous les chefs d’entreprises que je rencontre me le confirment. Nous constatons cette formidable envie d’entreprendre et de faire rayonner Dijon et le Grand Dijon. Vous le savez, nous avons une carte à jouer pour rayonner, au milieu du triangle défini entre Paris, Lyon et Strasbourg. Si nous ne le faisons pas rapidement, si vous ne modifiez pas vos orientations, si vous ne rénovez pas la route que vous avez tracée depuis 15 ans pour Dijon, (n’est-ce pas Mme POPARD) celle-ci se dégrade et devient dangereuse, Dijon pourrait être le centre d’un nouveau  triangle des Bermudes, celui de Bourgogne Franche-Comté.

Je vous remercie."

Franck Ayache

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