Dette toxique de Dijon : injection des fonds du Crédit municipal pour « désensibiliser »….

  Après la vente des plus beaux immeubles de son patrimoine immobilier, la ville de Dijon, financièrement en mauvaise santé, avait demandé à l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution de la Banque de France (ACPR), l’autorisation de réduire la dotation de la Caisse de Crédit Municipal (CMD) pour un montant de 45 millions d’euros. En d’autres terme la ville de Dijon a demandé à l’ACPR l’autorisation de prendre 45 M€ des caisses du Crédit Municipal (fonds propres) pour les inscrire dans le budget principale de la ville de Dijon.

  Le 17 mars 2014, l’ACPR a rendu, un avis favorable à cette opération. La ville de Dijon, unique actionnaire du CMD va donc engranger en deux temps cet argent frais (30 M€ fin 2014 et 15 M€ pour l’année 2015).

  Nous avons démontré dans plusieurs articles la faiblesse des équilibres financiers de la ville en pointant notamment les projets pharaoniques de la municipalité ainsi que la dette importante et toxique de la ville. Nous avons annoncé en son temps que la municipalité pour se défaire de cette dette structurée et pour se débarrasser notamment des emprunts toxiques  allait devoir débourser une somme que nous avions estimée comprise entre 30 et 40 M€.

  Le 15 décembre dernier, lors du débat d’orientation budgétaire, le maire de Dijon et les élus de sa majorité ont enfin reconnu qu’ils utiliseraient la majeure partie de cette manne financière pour « désensibiliser la dette structurée la plus sensible » (sic). D’où l’usage de la sémantique pour une nouvelle fois anesthésier les Dijonnais !… Concrètement, Alain MILLOT va utiliser l’argent d’un organisme social de la ville pour soigner les erreurs de gestion de l’ancien maire devenu ministre.

  Sans pouvoir  pour l’instant donner le montant exact des sommes injectées, nous pouvons comprendre que plusieurs dizaines de millions d’euros vont être nécessaires pour transformer la dette la plus toxique (classée F6 sur l’échelle de Gissler) en une dette plus classique dite « désensibilisée ».

  Compte tenu du désengagement sans précèdent de l’état et des faibles marges de manœuvre fiscales qui restent à la municipalité, cette action de « désensibilisation » est devenue impérative et urgente. En effet, la baisse de l’endettement à taux fixe constatée dans les comptes de la ville, et mise en avant par la majorité comme preuve de leur « bonne gestion »( !) actuelle, n’est nullement suffisante, pour faire face à l’effet destructeur des multiplicateurs de taux d’intérêts sur lesquels sont assis les emprunts les plus structurés de Dijon.

  Une nouvelle fois, pour rattraper les erreurs de son ancien maire et ancien administrateur de DEXIA, (organisme auprès duquel a été souscrit un grand nombre d’emprunts toxiques), les Dijonnais vont s’appauvrir de plusieurs dizaines de millions d’euros. Cet argent issu des fonds propres de son ancienne banque, démantelée pour l’occasion, aurait pu être utilisé autrement au moment où, avec la  crise, beaucoup de Dijonnais ont besoin du soutien de l’action sociale de la ville. Mais la « bonne gestion » de Monsieur Rebsamen en a malheureusement décidé autrement !

 

Franck Ayache

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