Dijon : Transports en commun : où trouver les économies ?

Dans les deux précédents articles, nous avons montré que l’augmentation du prix des tickets de transport du Grand Dijon était prévisible et pourquoi elle allait se poursuivre.

– D’une part, il y a le coût très élevé de la construction du nouveau réseau de transport dijonnais.
– D’autre part, les coûts de fonctionnement induits par le dépassement de budget se conjuguent avec le désengagement financier plus important de l’état.

Maintenant que ce constat est établi, il faut trouver et proposer des solutions d’économies.

Pour cela il faut déterminer ce que coûte le réseau de transport et comment sont constituées les recettes.
Coté coût : Lors du dernier conseil communautaire, A.GERVAIS, a annoncé que le coût des transports est constitué à 70 % par les salaires de DIVIA (736 personnes dont 529 conducteurs) et 30 % pour le reste. Ce qui signifie que même si le travail sur les économies de fluides (carburants) est une bonne chose dans la lutte contre la pollution, il aura un impact limité sur les coûts. De même il est difficile d’imaginer que le président du Grand Dijon impose au délégataire de DIVIA une forte réduction de la masse salariale, sauf à déclencher un plan social comparable à celui imposé par la ville au Crédit Municipal de Dijon pour récupérer les fonds propres de cet établissement social de crédit afin de solder la dette toxique de la ville.

Il nous semble absurde d’imaginer A.MILLOT prendre le risque de nouvelles grèves des transports dans l’agglomération.

Coté recette : seul 31 % des coûts sont couverts par les recettes de billetterie. Environ la même proportion par la subvention d’équilibre, 25 % des transports sont réalisés à titre gratuit et un peu plus de 13 % constituent la fraude aux transports.

Les marges de manœuvre étant limitées aujourd’hui côté dépenses, il semble important de travailler sur le volet recettes. La contribution versée par le Grand Dijon à l’exploitant de Divia étant orientée à la baisse (voir article précédent), il existe donc plusieurs pistes:

– Soit, comme vient de le faire A.MILLOT, augmenter fortement le prix des transports et pénaliser ainsi encore davantage les usagés contributeurs. Ce qui a pour conséquence immédiate une atteinte supplémentaire au pouvoir d’achat de la classe moyenne dijonnaise et une limitation forcée de l’usage des transports en commun.
– Soit diminuer le recours aux transports gratuits et porter ainsi la charge sur les plus démunis.
– Soit, en faisant preuve enfin de courage politique, s’attaquer à la fraude qui représente à ce jour 21,6 millions d’euros de manque de recettes. Ce qui implique des contrôles sur l’ensemble du réseau en mettant fin notamment aux zones de non-droit où tout semble permis.

La fraude dans les transports en commun dijonnais qui s’est développée en toute impunité ces dernières années, n’est plus ni supportable, ni tolérable. Cette forme de clientélisme qui ne dit pas son nom doit être combattue. Lois et règlements sont faits pour être respectés et les usagers des transports en commun dijonnais qui les respectent n’ont pas à payer pour les filous, ni pour l’incurie coûteuse de ceux qui sont en charge de la municipalité et du Grand Dijon.

Franck Ayache

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