Grand Dijon : Communauté de destin ou assemblée politique ?

Le  20 juin 2015, le président du Grand Dijon convie les élus des 24 communes composant la communauté urbaine à échanger sur les enjeux financiers, démographiques, économiques et sur les perspectives du territoire.

En y regardant de plus près, cette invitation présente un certain nombre de curiosités :

  • Il est écrit « …le Grand Dijon appelé à devenir l’une des 13 capitales régionales françaises, … » en lieu et place semble-t-il de la ville de Dijon, qui elle seule peut être une capitale régionale.
  • Plus loin le texte d’invitation indique en parlant du Grand Dijon « … une métropole qui tient désormais son rang ». Ce qui nous permet de mieux comprendre la première partie. Il semble que le président et l’ex-président du Grand Dijon vont vite en besogne. Pensent-ils pouvoir s’affranchir des lois et règles en vigueur permettant la création d’une métropole ? Il faut pour cela 400 000 habitants et l’accord des communes membres. Ce qui avec un peu plus de 250 000 habitants est pour l’instant,  loin d’être le cas. La folie des grandeurs se poursuit-elle ?
  • Curieusement le titre de l’invitation : « 24 communes UNIES dans une communauté de DESTIN », ne porte pas de point d’interrogation.

En effet la question mérite d’être posée. Depuis les élections de mars 2014, le Grand Dijon ressemble de moins en moins à une communauté de destin. Dans une telle communauté, les décisions sont prises à la majorité et la contradiction est acceptée. Il est difficilement imaginable qu’une communauté composée de 24 communes aussi différentes, soit en harmonie sur toutes les décisions, sauf bien sûr : être en dictature ou être sous la contrainte du plus fort.

Le cas de la perte par un conseiller communautaire de Talant de sa délégation renforce cette interrogation et le doute. Si dans une assemblée politique au sein de laquelle il existe, par essence une opposition, le fait de ne pas voter un rapport important, tel que le budget, entraine normalement la perte de délégation, (nous avons encore en mémoire le cas du Conseil Général), autant dans une assemblée dite de destin, cette perte de délégation semble beaucoup moins évidente.

Le passage du Grand Dijon en communauté urbaine transforme de plus en plus cette assemblée en assemblée politique. Avec  l’apparition de groupes d’oppositions, ce qui en est la suite logique, chacun devra se compter et rejoindre son camp.

Alors messieurs le président et ex-président, c’est à vous de décider et de démontrer par vos actes, si le grand Dijon doit être une assemblée politique ou une communauté de destin.

Si un vote « contre » en assemblée, entraine la perte de délégation ou de vice-présidence, la communauté de destin que vous souhaitez, ne restera qu’un vœu pieux.

Franck Ayache

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