Honnêteté intellectuelle…

Nous pouvons nous interroger lorsque nous  assistons à un Conseil Municipal de Dijon !

Concernant les emprunts toxiques souscrits par F.Rebsamen en 2009 (alors même que la tempête financière sévissait !…) :

« C’est le fruit de renégociation d’emprunts souscrits par mon prédécesseur Robert Poujade à des taux très élevés, comme l’Etat et la Chambre des comptes nous y encourageaient » (dixit le Maire cité par le Bien Public du 25 mai).

Ben voyons !… C’est insinuer une faute de Robert Poujade qui aurait souscrit des emprunts à des taux trop élevés !

L’honnêteté intellectuelle voudrait que les uns et les autres rappellent que dans les années 90, pour les collectivités, pour les entreprises, ou pour les particuliers, du fait du niveau de l’inflation, les taux étaient élevés (avec par exemple des OAT à 10% et plus !).Par la suite, une renégociation s’imposait. Beaucoup de particuliers, pour leur prêt  immobilier notamment, l’ont fait. Mais rien n’obligeait le maire de Dijon à souscrire des emprunts risqués, qui plus est toxiques ! Est-il sérieux et raisonnable de spéculer avec de l’argent public ? 

Autre rodomontade récurrente: la dette de Dijon diminue ! Mis à part le fait que cette dette soit encore pour partie « toxique » et que la « désintoxication » va être coûteuse et générer de nouveaux emprunts qui mécaniquement vont  faire croître cette dette dijonnaise.

La dette de Dijon est de 173 M€, mais 18 M€ ont été transférés au Grand Dijon (dont 14 M€ d’emprunt structurés E4). Elle devrait-être de 191 M€. Avec le rachat de 2 emprunts toxiques et le paiement d’indemnités de remboursement anticipés, la dette va croitre d’environ 15 M€, soit une dette à données comparable supérieure à 200 M€ pour Dijon.

Voilà la vérité, une réalité que cherche à dissimuler le maire de Dijon et qui n’est pas encore reprise par la presse (payante et gratuite). 

Autre réalité : en 2001, la dette du « District », futur communauté urbaine, était quasi nulle ; celle du Grand Dijon, qui lui a succédé est aujourd’hui de 376 M€. Les investissements autrefois financés par Dijon le sont aujourd’hui par le Grand Dijon. Autant d’emprunts en moins pour Dijon dont certains sont même transférés : ainsi les 18 M€ d’emprunts transférés récemment, sous couvert de la CLECT, au Grand Dijon.

Ainsi la dette des Dijonnais (2/3 de la population du Grand Dijon) n’a donc pas diminué : elle a explosé ! 

L’honnêteté intellectuelle voudrait que les chiffres de l’endettement réel des dijonnais soient publiquement expliqués et exposés !

« L’honnêteté est la meilleure politique » (Emmanuel Kant)

Franck Ayache

 

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1 comment

  1. Hallay 7 juin 2016 at 8 h 33 min Reply

    Il faut le faire…. les 18M€ transférés sur le Grand Dijon seront payés par les communes environnantes, comme les parkings de ville etc……

     

     

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