La dette d’une collectivité : exemple de Dijon 4ème Partie.

L’affaire du crédit municipal

 Quel est le rapport direz-vous entre la disparition du Crédit municipal et la dette de Dijon ? F.Rebsamen n’a jusqu’à présent jamais confirmé l’existence d’un quelconque lien entre les deux. Et pourtant !…

La bombe des emprunts toxiques risquant d’exploser après la « période de bonification » (voir article 2), il a cherché à se défaire de ces prêts, à les renégocier. Chose possible, mais entraînant dans ce cas de lourdes pénalités (plusieurs dizaines de millions d’euros…)

Et c’est ici qu’intervient le Crédit Municipal…

 Depuis sa création en 1822, l’activité du Crédit Municipal de Dijon lui a permis d’accumuler plus de 65 M d’euro de fonds propres tout en contribuant très largement et de manière généreuse aux dotations du C.C.A.S. (Centre Communal d’Action Sociale) de la ville de Dijon et en matérialisant par la même la vocation sociale qui lui a toujours été assignée.

Jusqu’en  2001 le Crédit Municipal de Dijon se portait bien et versait entre 90 et 95 % de son résultat au C.C.A.S. de la ville de Dijon soit plusieurs  millions d’euros chaque année ce qui soulageait d’autant les finances de la ville.

Depuis 2001, la situation de Crédit Municipal de Dijon, présidé par le Maire, n’a cessé de se détériorer. Deux raisons principales. D’abord une dégradation  lente et continue de l’activité bancaire, masquée par les bénéfices que généraient les fonds propres placés à une époque où les taux d’intérêts étaient encore rémunérateurs (voir article 3). Au vu de la dégradation des ratios de la banque, l’opposition avait alerté le Maire en soulignant la nécessité d’investir pour moderniser cet outil social de crédit. Comment en effet attirer de nouveaux clients et surtout les jeunes quand l’outil informatique était devenu basique et qu’il était impossible de faire ne serait- ce qu’un virement par internet ? Et c’est là la seconde erreur du maire : il n’a pas préparé  l’avenir du Crédit Municipal.

 Fin 2008,  les résultats ne sont plus au rendez-vous. Par ailleurs, le Maire réalise le danger que représentent les emprunts structurés et notamment les toxiques qu’il avait contractés. Comment s’en débarrasser ?…Et c’est à ce moment qu’il a commencé s’intéresser aux fonds propres du Crédit Municipal. A travers une filialisation de l’activité bancaire, il était possible de faire main basse sur ces fonds propres. L’opposition avait alors évalué les pénalités de remboursement anticipé comprises entre 25 et 30 M d’euros. Mais à cette époque, la mobilisation du personnel et le retard technique de l’établissement n’avaient pas permis de trouver un repreneur.

 En 2010, il est donc décidé, enfin !  de lancer un vaste plan de restructuration et de modernisation du Crédit Municipal. Cette année-là, les résultats sont proches de zéro. Et comme François Rebsamen a toujours pour objectif  de récupérer les fonds propres de l’établissement, il s’obstine à ne pas placer la trésorerie sur des placements plus rémunérateurs que le court terme.

 Fin 2012, au terme du  plan de restructuration et de redéploiement  « la belle » (le Crédit Municipal)  est devenue plus « présentable ». Des repreneurs potentiels commencent à s’y intéresser en proposant de reprendre l’activité bancaire ainsi modernisée. Et en  décembre 2012, le Maire annonce au Conseil Municipal la cession des activités bancaires aux Crédit Municipal de Bordeaux et de Lyon. Seule l’activité (déficitaire !) prêt sur gage est maintenue.

Rien n’imposait vraiment cette vente. Interrogé par son opposition en Conseil Municipal, M.Rebsamen s’est réfugié derrière les dernières réglementations relatives aux banques (« Bâle III ») pour justifier son choix.

En réalité, l’objectif était dès le départ de faire main basse sur les fonds propres !

 Et c’est ici que dette et l’affaire du Crédit Municipal se rejoignent : Si cette opération va à son terme (elle aurait dû ce conclure fin juin 2013), les fonds propres, ainsi récupérés, vont permettre au Maire de se débarrasser de ses emprunts toxiques !

 Mais reste le coût pour Dijon, pour les Dijonnais de cette gestion spéculative de la dette de Dijon par François Rebsamen : plusieurs dizaines de millions d’euros. Et aucun boniment ne pourra effacer cette réalité !

 Pour terminer avec le sourire et une dose d’humour, ne trouvez-vous pas dans cette affaire du Crédit Municipal une certaine similitude avec les romans d’Agatha Christie ? qui traite de : Empoisonnement prémédité d’une vieille dame assez fortunée, abandonnée par sa famille, et d'un quidam (ou un notable)  joueur et désargenté qui veut faire main basse sur le pactole !

A vous de juger.

Comité de rédaction

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Comments: 2

  1. Claude Marie de la Valade 20 septembre 2013 at 13 h 04 min Reply

    J'ai tout compris!

    C'est clair, hélas.

  2. Annick 24 septembre 2013 at 15 h 09 min Reply

    Très clair ! hélas pour les Dijonnais.

    C'est au moment de payer ses impôts qu'on s'aperçoit qu'on n'a pas les moyens de s'offrir l'argent que l'on gagne. Frédéric Dard

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