Le Maire de Dijon : l’homme qui n’aime pas les chiffres !

Notre maire a sans nul doute un talent de communicant et lorsque son opposition municipale le titille sous un angle politique, il sait par une pirouette retourner la situation à son avantage ! Mais avec les chiffres, c’est différent !.

C’est ainsi que lors du dernier conseil municipal, je suis intervenu à propos du rapport n°1 relatif au budget primitif. Intervention documentée, référencée et chiffrée. A l’évidence, il n’a pas apprécié mais il était « dans les cordes »…

Le rapport n°2 était consacré aux taux d’imposition et j’avais préparé ici aussi une intervention chiffrée. Et lorsque je demandai la parole, notre maire (échaudé par ma première intervention ?…) me signifia son refus, arguant du règlement interne et du fait que le « groupe » s’était déjà exprimé ! Refus contraire à la loi, cette dernière stipulant que la prise de parole d’un élu est individuelle !

Mais la « démocratie » pour notre Maire, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale ! J’avais des chiffres qu’à l’évidence il ne voulait pas entendre ! Tartuffe en son Conseil ! Alors, pour les Dijonnais qui ne sont pas fâchés avec les chiffres, qui ne veulent pas attendre 3 mois jusqu’au prochain conseil au cours duquel j’essaierai de nouveau parler chiffres, voici le texte de mon intervention censurée par notre maire « démocrate »…..

 

Taux d’imposition pour 2016

M. le maire, mes chers collègues,

Avec la très forte augmentation des taux + 5 %, vous trahissez ouvertement non seulement votre promesse de campagne, mais aussi la parole de l’état. En effet le président de la république avait annoncé qu’il n’y aurait pas d’augmentation d’impôts en 2016.

Votre action n’est pas de nature à valoriser la parole politique.

Déjà en 2015, vous aviez augmenté les taux (0,5%) alors que l’inflation a finalement été nulle.

La chambre régionale de comptes le signale aussi dans son rapport pour les années précédentes, je cite : «Les taux d’imposition votés par le Conseil Municipal apparaissent durablement supérieurs aux taux moyens enregistrés dans la strate ».

Bien sûr vous allez nous opposer une nouvelle fois l’augmentation du conseil général de 2013. Bien qu’il soit impossible de comparer deux collectivités qui n’ont pas les mêmes compétences, l’augmentation du conseil départemental représentait 41 € en 2013 et ce pour une taxe foncière d’un montant 900 € calculée sur une base de 1606 € .Et depuis 3 ans plus aucune augmentation. Vous, c’est tous les ans que les taux augmentent, sur la taxe foncière et sur la taxe d’habitation et avec l’augmentation de 5 % de cette année, cela représente aussi 41 € sur une base équivalente. Vous augmentez donc en une année l’équivalent de l’augmentation sur 4 ans du département.

Si nous pouvons nous permettre un parallèle avec vos déclarations de ministre du Travail reprise dans Le Monde, permettez-nous de vous dire que : c’est pour nous aussi  « une corvée » de commenter les augmentations des taux chaque année. « Ca pourrit la vie » d’un conseiller d’opposition. « Quelquefois » nous espérons que cela va s’arrêter. « Hélas, nous avons un rappel automatique ».

D’année en année, les taux augmentent, les totaux déboursés par les contribuables dijonnais grandissent, et ce n’est pas fini ! Pour preuve vous nous annoncez à demi-mots, dans le rapport précédant, pour l’an prochain, au moins la même augmentation. Vous espérez probablement, que cette prochaine augmentation, passe en catimini, en profitant, du débat pour la présidence de la république de 2017.

Je vous remercie.

Franck Ayache

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Comments: 3

  1. François Leponctionné 23 mars 2016 at 12 h 29 min Reply

    Au service de Rebsamen ?

    La lecture du Bien Public du 23 mars me laisse pantois. A croire que  compte-rendu du Conseil municipal a été visé par le maire avant publication ! Incompétence du journaliste ? A propos de la dette, il est écrit « trois emprunts dits « toxiques » ou « structurés » ! Non ! Il y a de nombreux emprunts structurés (donc à risque), dont 3 toxiques (très risqués, interdits aujourd’hui !). A ce sujet, les propos lénifiants  de M.Maglica sont rapportés complaisamment et l’opposition n’a droit qu’à quelques lignes. Quand à la dette (173M+18M), pourquoi ne pas « décrypter » ? (les « journalistes » se gargarisent de ce mot !) : Robert Poujade n’avait qu’un guichet pour les emprunts de Dijon et du « district ». Rebsamen en a ouvert un second où il a souscrit plus de 400 millions de dette (pour l’instant !). La vérité, c’est qu’en 2001, la dette des Dijonnais était de 220M et qu’aujourd’hui elle frise les 600 M ! Rien non plus sur l’intervention  de Franck Ayache, car très dérangeante pour le Maire ! Le Bien Public informe-t-il? J’en doute ! Déjà, les deux pages que ce journal avait consacrées au Rapport de la Chambre régionale des comptes étaient un bel enfumage puisque l’essentiel des critiques de la Chambre n’était pas rapporté! L’affaire de l’appartement du chef de cabinet permettait en effet de ne pas parler de tout le reste !  Belle lurette que je ne suis plus abonné et il me semble que je ne suis pas le seul !…

  2. durand 23 mars 2016 at 18 h 46 min Reply

    Après avoir fait un cadeau de 4 m€ à Eiffage préfèré à Seger qui était prêt à les payer pour le site de l'hôpital général, on fait payer les citoyens. Mais connaissant le lobbying des ent de BTP, qui a beneficié de ce rabais ? Dans toute opération de cette envergure, il y a toujours des dérapages, on le sait, mais de là à racketter les administres deux mois après, c'est fort de café !

  3. Denis 28 mars 2016 at 18 h 01 min Reply

    Il doit quand même y avoir des moyens de l'empêcher de contourner la loi, ça commence à faire beaucoup : attribution du la Cité Gastro sans appel d'offres, dissimulation de chiffres, muselage de l'opposition au conseil municipal et de la presse en général. Le législateur a prévu des garde-fous, non ?

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