SPLAAD-TELETECH : UN CREDIT BAIL HASARDEUX ?…?

Les correctifs apportés par Monsieur MIGNOT, PDG de TELETECH, permettent à nos lecteurs de se faire une idée plus précise des relations entre la SPLAAD  et sa société.

Le PDG de TELETECH est  parfaitement dans son rôle en cherchant des moyens de financement pour sa société. Pour autant nous sommes en droit de nous interroger :  jusqu’où les collectivités locales, ici la SPLAAD en l’occurrence, doivent-elles aller pour favoriser l’installation d’une entreprise ?

Notre constat est que TELETECH investit relativement peu elle-même, mais  qu’elle fait intervenir beaucoup les collectivités locales et que ce sont donc ces dernières  qui prennent les risques.

Est ce un modèle de développement normal, sain et pérenne ?

Pour notre part, nous nous interrogeons sur cette pratique et sur les conséquences qu’elle  pourrait entraîner pour les contribuables dijonnais. Avant d’accorder un crédit-bail à Teletech, les responsables de la SPLAAD se sont-ils posé la question : est-il aujourd’hui opportun  d’implanter des centres d’appel en France à grands coups de subventions alors que presque toute la profession délocalise massivement  à l’Etranger ? Et dès lors était-il judicieux d’intervenir avec des fonds publics pour assurer un crédit-bail conséquent et avantageux à cette société ?

Un petit retour en arrière sur la stratégie de cette entreprise aurait dû pour le moins amener à des interrogations…

 M . MIGNOT a créé depuis une vingtaine d’années une série d’entreprises :

–          à TOUCY dans l’Yonne

–          à ST AFFRIQUE en  Aveyron

–          TOULAUD en Ardèche

–          LAVAL en Mayenne

–          CHANTEPIE  en Bretagne

 A chaque fois, la démarche a été la même : contre  promesse de financements importants (bâtiments, terrain, installation,…) M .MIGNOT a promis l’implantation d’un centre d’appel  avec à la clé d’importantes créations d’emplois.

 Le profil des territoires choisi est toujours le même :

 –          sites ruraux en cours de désertification

–          sites industriels en mal de reconversion

 C’est ainsi par exemple qu’a été créé en 1999 le centre de Laval  en Mayenne : là, rien n’était trop beau pour l’implantation de TELETECH. En jeu, la création de plus de 400  emplois  en plus des 80  premiers salariés. Un véritable jackpot pour cette commune située en milieu rural.[1] Pour accompagner le développement de TELETECH[2] , un second bâtiment fut construit, financé en crédit bail par l’agglomération[3].

À ce jour, le compteur en termes d’emplois reste bloqué à ……….114  pour 3,6 M €  de CA : nous sommes loin des 500 emplois promis…[4]

L’examen des autres sites encore en activité donne à peu près toujours le même profil:

 –          Des  promesses d’emplois importantes, à ce jour non (encore) tenues.

–          Des investissements lourds pour de petites communes.

–          Un montage sous forme de crédit bail permettant à l’entreprise, pour un investissement minimum, d’une part de développer une activité et d’autre part de  se constituer un patrimoine immobilier de qualité à terme.

 Aujourd’hui les effectifs de Teletech sont les suivants :

–          114 emplois à LAVAL

–          62 à CHANTEPIE

–          51 à TOUCY

–          57 à TOULAUD

–          56 à DIJON et  PARIS

–          50 à  ST AFFRIQUE

 soit au total  390 salariés. (Source : Societé.com et Info greffe et Bilans gratuits.com et M MIGNOT pour DIJON)

 Or, CHACUNE des implantations était assortie d’une promesse de création de plusieurs centaines d’emplois. Le total actuel équivaut au chiffre annoncé CHAQUE FOIS  pour  CHACUN des sites alors qu’au regard des promesses faites et des investissements réalisés sur la base de celles-ci, le total devrait approcher les 4000 !

 Mais plus grave encore, dans certains cas, TELETECH ne s’implante pas. Le montage  emplois contre subventions ne réussit pas toujours. Ainsi une petite commune de l’Isère s’est retrouvée face à de très graves difficultés financières après l’abandon d’un projet TELETECH. Projet abandonné car les subventions n’étaient pas semble-t-il au rendez-vous. Le récit de cette histoire qui nous a été envoyé est assez édifiant ( http://st-theoffrey.blogspot.fr/2006/06/historique-de-laffaire-teletechst.html[5] et très crédible (car non contesté), l’auteur mettant en ligne, comme nous, toutes ses sources et ses preuves.

 Enfin deux éléments plus préoccupants auraient dû, selon nous, alerter la SPLAAD:

 1. la société TELETECH PARIS   a déposé le bilan en 2005 et a été liquidée[6]

Cette société était semble-t-il la holding du groupe.

 2. Selon les données à notre disposition, le  CA  annoncé en 2001  pour 2002 (15 M d’euros) est quasiment le même que celui de 2012 : où est le développement de l’activité pourtant vanté, pour justifier les créations d’emplois ?

En outre, le  résultat  de 2012 est fortement  déficitaire malgré les millions de subventions dont a bénéficié cette entreprise.

 Au vu de tous ces éléments nous ne pouvons que maintenir un diagnostic pessimiste et considérer que la SPLAAD  a joué aux apprentis investisseurs en portant à bout de bras un projet à l’avenir incertain. Est-il normal qu’une société publique (la SPLAAD) qui vient d’être recapitalisée au vu de sa situation financière fragile, participe et supporte un crédit-bail à caractère privé et commercial. D’où notre inquiétude : les contribuables dijonnais ne risquent-ils pas  un jour prochain de devoir assumer financièrement les conséquences de cette prise de risque financier hasardeuse ?

Le comité de rédaction impôts-cible.

 


[1] http://www.atelier.net/trends/articles/teletech-international-ouvrira-prochainement-un-centre-d-appels-laval

[2] http://www.usinenouvelle.com/article/teletech-cree-300-emplois-a-laval.N2917

[3] même article que plus haut

[4] source societe.com

[5] http://st-theoffrey.blogspot.fr/2006/06/historique-de-laffaire-teletechst.html

[6] SOURCE societé.com : http://www.societe.com/bilan/teletech-paris/447608209200406301.html

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1 comment

  1. Argent Facile en Ligne 17 septembre 2013 at 18 h 15 min Reply

    La reference sur le sujet, on en redemande merci.

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