Transport en commun: l’augmentation des tarifs n’est pas terminée.

~~Dans notre précédent article (Dijon : Transport en commun toujours plus cher), nous avons expliqué le financement du nouveau réseau de transport en commun en site propre (TCSP) et indiqué que contrairement aux promesses, les Dijonnais étaient mis à contribution pour financer ce nouveau réseau de transport. A cet égard,  nous pensons que cette hausse tarifaire n’est pas terminée !
Pour le comprendre plusieurs paramètres financiers doivent être analysés.
En premier lieu l’accélération du désengagement de l’état  contraint fortement les collectivités locales. Ce désengagement annoncé (La dotation globale de fonctionnement aux collectivités locales sera réduite de 3,7 milliards d’euros en 2015, sur un total de 11 milliards sur trois ans) oblige le Grand Dijon non seulement à augmenter les impôts et taxes ou à passer précipitamment en communauté urbaine (avant le 31 décembre,…de façon à encaisser 6 millions d’euros supplémentaires par an en dotation de l’état, ceci pendant 6 ans), mais aussi à trouver des postes d’économie.
Et parmi les postes d’économies, nous trouvons dans le compte administratif (C.A) du Grand Dijon une baisse de 10 % de la contribution versée par le Grand Dijon à l’exploitant de Divia entre 2012 et 2013. Et l’objectif est de réduire encore cette contribution : 47 millions d’euros en 2013, 35 M d’euros en 2016 (- 25,5 %). Au total, cette diminution (17 millions) de la contribution  versée par le Grand Dijon, devra obligatoirement être compensée par des recettes nouvelles pour DIVIA.
La baisse des dotations de l’état n’est pas la seule raison qui va provoquer la hausse des tarifs des titres de transport. En effet, et nous avons déjà expliqué pourquoi,  le coût réel du TCSP (TRAM) est plus important que celui annoncé à grand renfort de communication. Pour preuve le changement d’imputation comptable dans le C.A 2013 : l’inclusion des contrats de partenariats public-privé (PPP) a pour résultat d’augmenter l’encours de la dette qui passe ainsi de 326,7 M d’euros (hors PPP) à 416,6 M d’euros PPP inclus. Et pour être réaliste, si le plan comptable obligeait la communauté d’agglomération à inclure le crédit-bail des rames du tramway. L’encours de la dette devrait être affiché à 489 M d’euros.
Les conséquences de l’augmentation de l’encours de la dette sont :
–  une augmentation mécanique des frais financiers qui bondissent de 8,7 M d’euros en 2012 à 12,3 M d’euros en 2013 (+ 41 % en un an).
– l’augmentation de l’annuité de la dette qui s’établit pour 2013 à 32,5 M d’euros soit + 32 %.
Et après les emprunts toxiques de Dijon,  nous ne mesurons pas encore l’impact dans le temps des contrats progressif PPP appelés à juste titre « contrats complexes »….

En conclusion, avec ce désengagement sans précédent de l’état, avec  la baisse de la contribution versée par le Grand Dijon à l’exploitant, avec la hausse des frais financiers et la hausse de l’annuité de la dette,  il est aisé de comprendre que le prix du ticket de transport en commun ne peut qu’augmenter fortement dans les années avenir…tout comme les impôts locaux !

Franck Ayache

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Comments: 2

  1. François Leponctionné 21 octobre 2014 at 15 h 40 min Reply

    Et dans 6 ans, les 6 millions de dotation extra ne seront plus versés: qui va "digérer" (après les prochaines municipales…)? Hausses d'impôts malheureusement prévisibles! Mais pourquoi la presse locale ne traite-t-elle pas sérieusemnt de ces questions? Les journalistes sont-ils incompétents dans la matière? Sont-ils soumis à la municipalité en place?….

  2. franck 21 octobre 2014 at 16 h 58 min Reply

    Je pense que le débat est d'abord politique. La question de l'après 6 ans doit être posée.

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