VELODI un gouffre financier ?

Historique … Avec le contrat signé le 19 octobre 2007 (1), la communauté urbaine confiait  au groupe CLEAR CHANNEL France – Smtartbike la création, la mise en place et la gestion d’un parc vélos, sous le nom de VELODI, (contraction de Vélo et Dijon). Et, à grand renfort de publicité et de communication, Vélodi était inauguré le 29 février 2008. Dijon devenait ainsi la seizième ville de France à se doter d'un système de vélopartage de courte durée. Le premier système comparable remonte à septembre 1998 avec le Vélo à la carte de Rennes.

La politique tarifaire encourage les trajets courts, les 30 premières minutes de chaque déplacement étant intégralement gratuites. Par ailleurs, aucun trajet ne doit dépasser 2 heures sous peine de pénalités, voire de suspension de l’abonnement.

Clear Channel qui souhaitait remporter le contrat d’affichage avait accepté de prendre en charge ce nouveau service  VELODI. Mais… au-delà de l’effet d’annonce, des effets de mode, de l’engouement des premières années, la gestion du parc de vélos s’est  révélée extrêmement difficile et couteuse. La gestion complète d’un parc de vélos était loin d’être l’activité principale de Clear Channel, il y a eu au fil des années une détérioration de la qualité de la prestation.

Tramway et…  rétropédalage de Clear Channel.

La mise en service des 2 lignes de tramway ayant entraîné une renégociation du contrat (1), Clear Channel a saisi l’occasion pour se débarrasser de VELODI…. Non seulement la somme due au Grand Dijon pour occupation du domaine public (affichage) a été revue à la  baisse, mais Clear Channel s’est déchargé du service VELODI à compter du 1er janvier 2017, soit 6 ans avant le terme de la délégation prévu à l’origine. Dans les faits, dès la fin 2014 (2) le Grand Dijon avait dû  racheter l’intégralité du parc de vélos pour un montant total de 163 000 €,  Clear Channel propriétaire des logiciels conservant alors la seule gestion des stations.

Des vélos dépassés et qui coûtent cher.

Désormais la communauté urbaine est en charge de toute la gestion du parc ce qui inclut l’entretien et de la réparation de tous ces vélos de conception ancienne. Comme les services de l’agglomération n’ont pas vocation à assurer la maintenance, cette dernière  est confiée à un prestataire extérieur. Or, nous n’avons aucune information sur la fréquentation, les dégradations ou les résultats de ce service. Un domaine de plus où l’exécutif pratique l’omerta! Mais selon certaines « fuites », le service serait un véritable gouffre financier pour le Grand Dijon.

L’omerta sur les coûts.

Mais Dijon n’est pas la seule agglomération à ne pas fournir les chiffres de l’entretien et réparation de son parc de vélos ! Les seuls chiffres officieux qui circulent, et qui semblent converger avec les « fuites » dijonnaises,  sont ceux de Paris et confirmés par Strasbourg : le montant estimé avoisinerait les 4000 € par an et par vélo. Soit pour Dijon sur ces bases là, un coût proche du million d’euros par an. Ce chiffre peut être comparé au prix moyen de 300-400€  pour un vélo normal. A 4000 euros, il est possible de se procurer un VTT ou un vélo de route haut de gamme !….ou d’offrir un vélo aux familles Dijonnaises.

Pédaler…avec son temps !

La gestion actuelle avec retour sur une base de vélos de conception ancienne est dépassée. La technologie permet aujourd’hui une autre approche, plus simple et plus souple pour le gestionnaire et pour l’utilisateur. Il n’est en effet plus nécessaire d’avoir des bases de réception lourdes, coûteuses et encombrantes. Pourquoi pas des vélos plus ordinaires, géo-localisables grâce à une puce, pouvant être posés sur de simples  arceaux ? Des vélos moins lourds intégrant un mécanisme de verrouillage et de déverrouillage sans contact (type : « Smoove Box (3)»). L’utilisateur pourrait alors activer le vélo soit grâce à une carte magnétique rechargeable, soit à l’aide de son smartphone (ce dernier permettant en outre de localiser le vélo disponible  le  plus proche).

Cette solution permettrait l’utilisation de vélos moins chers à l’achat et à l’entretien. Elle permettrait au gestionnaire de connaître à tout moment l’emplacement de l’ensemble de son parc. Elle permettrait enfin une meilleure distribution géographique et donc  davantage de commodité pour les utilisateurs habitants de la Communauté Urbaine.

Franck Ayache

 

  1. Voir notre article : Le tramway une affiche couteuse !
  2. Article du Bien Public du 18 décembre 2014
  3. Smoove est une compagnie française, basée à Montpellier.

Tagged: , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *